Prolongeant mon énoncé théorique consacré à la brillance explorée tant dans sa dimension matérielle que spatiale, ce projet puise son point de départ dans une forme plus immatérielle de cette notion : celle du Léman, perçu comme le miroir du monde et de l’âme humaine. À la fois repère pour les nageurs et les bateaux, et infrastructure spatiale permettant d’explorer la relation entre le corps et l’eau, le projet prolonge l’axe existant de l’allée de Dorigny à la manière d’une série de ricochets jetés depuis la rive. Les arbres bordant l’allée invitent à la contemplation et dessinent un premier seuil naturel vers le lac. S’enchaîne alors une succession de passages : les cabines, le chemin de pierre, l’île et le plongeoir. Chacun de ces éléments rythme l’avancée vers le lac et accompagne le corps dans une traversée physique et sensible. La première rencontre avec l’eau se fait par les cabines, composées d’une répétition de cadres en bois, démontables et transportables. Un chemin de pierres lui succède, construit comme une digue qui s’élargit à son extrémité pour former l’île. Celle-ci, habitée par des arbres, devient un repère poétique et symbolique. Un sauna, adoptant le même langage que les cabines, s’y dépose de manière éphémère. Enfin, le plongeoir de roche se dévoile comme le dernier geste de la séquence, invitant à grimper et à se jeter à l’eau.