Les Bohras sont des musulmans chiites, majoritairement de l’Ouest de l’Inde, rattachés spirituellement aux Fatimides. Ils se chargent de l’entretien de nombreux bâtiments du Caire fatimide, qu’ils visitent régulièrement en pélerinage. Nous proposons un projet d’hôtel pour ces pélerins, en face de la mosquée El-Hakem, la plus importante pour eux. Le site se trouve au nord de la rue el-Moez, axe touristique et marchand qui traverse la vieille ville, en lien direct avec la mosquée et le portail monumental Bab el-Futuh. Le projet offre ainsi un hébergement à une communauté discrète et introvertie dans un lieu historique fréquenté, tout en répondant à l’utilisation publique de la place. Dans notre énoncé théorique Quitter le monde, habiter le divin, nous avions analysé la manière dont la transition vers un lieu sacré accompagne spatialement et spirituellement le visiteur. Nous reprenons ce principe dans notre projet, dont le programme se situe à la lisière du profane et du sacré, en accordant une importance particulière à la mise en scène de la transition. Ces enjeux se traduisent en un bâtiment à cour centrale, à même d’accentuer un sentiment d’appartenance communautaire. Il répond à l’historicité du lieu par son implantation, ses alignements et l’usage de la pierre massive, en cohérence avec son contexte. Tout au long de la transition, les ambiances sont accompagnées de dispositifs artisanaux en bois, traitant la lumière comme un élément spatial tel qu’étudié dans l’énoncé précité.