Ce projet prolonge l’énoncé théorique Discotecture : entre hétérotopie et postmodernisme, une étude sur le rôle de l’architecture dans l’évolution des lieux de fêtes nocturnes, considérés comme des hétérotopies, des espace-temps marginaux mais nécessaires. Interrogeant la manière dont l’architecture peut accueillir, structurer et enrichir ces usages nocturnes, la recherche concluait sur sa capacité à jouer un rôle poétique et narratif dans les milieux festifs, parce qu’elle est à même de façonner des imaginaires communs et d’inscrire la fête dans le récit urbain. Le projet s’ancre dans le parc de la Solitude, à Lausanne, au sein d’un ancien atelier de tramways. Il consiste à réhabiliter La Dolce Vita – club de rock, puis squat, qui a marqué de son empreinte les nuits lausannoises – en une salle de musique et de danse ouverte à une diversité d’usages culturels et sociaux. La démarche cherche à valoriser la mémoire sociale du lieu tout en améliorant sa qualité spatiale par une série de gestes architecturaux précis : clarification des parcours, requalification des volumes, ouverture sur le parc, amélioration acoustique. L’intervention vise également à activer les seuils entre intérieur et extérieur, en établissant un dialogue fluide avec le contexte paysager du parc. Le projet propose ainsi de donner une nouvelle vie à un bâtiment en sommeil, en le reconnectant à son territoire et à ses usages festifs. Il affirme que l’architecture peut être un levier actif pour transformer la nuit en un véritable outil de cohésion urbaine.