Au-delà de la pluie : Le grand bain public de la Pontaise
À Rome, la Piazza Navona pouvait autrefois être volontairement inondée durant l’été. Les fontaines étaient obturées afin que la place se transforme en un immense miroir d’eau où se mêlaient fraîcheur, spectacle et vie collective. Ancien stade devenu espace public, elle faisait de l’eau un événement urbain autant qu’un lieu de sociabilité.
Le projet de la piscine publique du stade de la Pontaise naît de cette image.
Ancienne icône du sport lausannois aujourd’hui menacée de disparition, le stade est réinterprété comme une grande cuve publique capable de changer d’état au rythme des pluies, des saisons et des usages. L’eau est la matière première.
Le centre de l’ellipse se métamorphose alors en vaste place hydraulique : parfois parc sec, parfois sol humide, parfois miroir d’eau après l’orage. Cette grande cuve paysagère accueille les eaux pluviales afin de désengorger les canalisations. Au-dessus de ce paysage mouvant se déploie un équipement de bains publics, suspendu dans la structure existante.
Dans l’épaisseur des gradins prennent place piscines, thermes, bassins chauds et lieux collectifs. Les structures existantes sont creusées, ouvertes et habitées afin de transformer le monument sportif en une infrastructure pour le quartier.
La Pontaise est alors un paysage public habité entre immersion et exposition.