Mars 1993, la station de téléphérique du Furggen, dans la commune de Cervinia, vit ses derniers jours d’activité, avant de subir une rupture de son câble et de tomber en désuétude. Depuis, cette mystérieuse structure de béton et sa galerie d’accès qui trône sur la frontière suisse-italienne, est devenue une curiosité pour les alpinistes avertis. Que faire de ce qui est devenu un témoin bâti de l’expansion du tourisme alpin du XXe siècle ? Ruine, hôtel, restaurant, refuge ? Le projet propose de réinvestir le site en qualité de poste d’observation des changements climatiques en milieux extrêmes pour des scientifiques, étudiants, chercheurs ou alpinistes intéressés à son histoire et à celle de son environnement. Une cohabitation entre une communauté de scientifiques et d’alpinistes peut se développer, afin que chacun puisse apprendre du domaine d’expertise de l’autre. Le programme amène à questionner la façon dont on est passé de l’euphorie de la quête des sommets des années 1950, à la sensation de fragilité qui émane de ces environnements que l’on sait aujourd’hui menacés. L'intervention consiste à ajouter de quoi se protéger le temps d’effectuer les études sur le terrain ; les scientifiques initiés à la haute montagne peuvent s’y installer quelques jours afin d’observer les éléments proches : les glaciers, le permafrost, l’évolution des lichens et des micro-mousses, etc.