Pour être plus indépendante vis-à-vis des autres îles de l’archipel des Comores, Mayotte vota en 1974 et 1976, dans un contexte discutable, de rester sous administration française. Elle est un département et région d’outre-mer depuis 2011, après deux cents ans de colonisation durant lesquels différents statuts lui furent attribués. Aujourd’hui, Mayotte souffre d’une situation postcoloniale de dépendance vis-à-vis de la métropole et se trouve dans un flou juridique où le foncier et les droits des Mahorais sont rendus instables. De plus, la politique de logement social peine à répondre, autant en volume qu’en prix, à la demande ; ainsi, 70% des bâtiments sont autoconstruits et une bonne partie est menacé de délogement. Dans le quartier de Majicavo, particulièrement sous tension, le projet montre qu’un architecte peut agir aussi sur l’autoconstruction. A travers la création d’un berceau associatif, le projet cherche à donner le pouvoir de s’organiser, de transmettre et de produire l’indépendance matérielle des habitants, notamment via les ressources. Centré sur des points clefs, le projet cherche non seulement à donner du pouvoir aux habitants négligés mais aussi à les protéger des nombreux aléas du territoire et des pressions de délogement. La proposition présente ainsi un prototype autoconstruit qui peut répondre aux situations bioclimatiques et empêcher un délogement sous prétexte d’insalubrité tout en restant abordable. Ainsi, les autorités peuvent donc se concentrer sur le manque d’infrastructures et la construction de bâtiments d’intérêt public.