Ce qu’on appelait confort tenait parfois à peu de chose : un rideau tiré, une soupe partagée, un espace chaud où se rassembler, une retraite intime réchauffée par le corps. Ces gestes construisaient un rapport vivant à l’espace, au climat et aux autres. Malgré les préoccupations écologiques actuelles, les efforts pour réduire notre consommation énergétique ont mené à une accumulation de normes et à une quête de performance. Cette approche technocratique, loin de proposer de nouveaux imaginaires, tend à imposer un confort homogène, mesurable, mais profondément désincarné. Dans la continuité d’une recherche théorique sur le foyer et son architecture, Hot Enough interroge notre rapport à l’énergie dans l’espace domestique, tant dans les usages que dans la manière de le concevoir. Contre les standards établis, il propose une hiérarchie thermique des lieux et une densité favorable à la vie collective. Implanté à Zürich West, le projet prend le contrepied d’une transformation urbaine marquée par la démolition et la prolifération de formes génériques. Il réinvestit deux structures menacées – un parking silo et un entrepôt logistique – dont les morphologies orientent les usages. Ces structures sont adaptées pour accueillir des logements collectifs explorant des manières d’habiter distinctes. Ils accueillent en leur cœur des programmes publics : respectivement une bibliothèque et des bains qui prolongent l’espace domestique. Les bains, où le soin devient usage commun, assurent aussi un rôle énergétique pour les foyers. Ensemble, ces deux volumes dessinent une place ouverte au quartier.