Les recherches de l’énoncé théorique ont mis en évidence que l’autoconstruction – le fait de bâtir soi-même son habitat – favorisait les liens entre habitant.e et habiter, autrement dit la sensation de chez-soi, grâce à la liberté d’appropriation que permet cette prise de pouvoir sur son logement et la connaissance parfaite de sa réalisation. Ce projet a pour volonté de s’inspirer des pratiques autoconstructives et d’explorer une place possible pour le métier d’architecte dans ce processus à travers le développement d’un système constructif peu onéreux, favorisant le réemploi, et qui soit suffisamment simple à mettre en œuvre par n’importe qui. Adaptable, rapide à exécuter et possédant un large panel de mises en œuvre possibles, il permet de s’installer dans, d’investir et de réhabiliter une grande diversité de lieux en transition, laissés à l’abandon dans un entredeux d’autant plus discutable que des surfaces accessibles et abordables font défaut partout. À travers l’installation d’un groupe de personnes dans un bâtiment industriel à Meyrin, délaissé dans l’attente de sa démolition, le projet explore l’utilisation de ce système dans l’évolution de leur manière d’habiter allant de l’occupation rapide et relativement précaire à l’appropriation totale et pérenne de l’espace. Ce processus témoigne de la capacité d’adaptabilité et de transformation par le bricolage de ce mode de faire, et offre un aperçu de ses usages potentiels.