Aldadorf
La communauté d’Aldadorf a été formée par un groupe de femmes à la retraite, animées par le souhait de vieillir différemment. Elles refusent le rythme capitaliste et patriarcal de la société actuelle et optent pour une routine sans horloge, rythmée par des méditations et des ateliers de travail. Elles vivent en colocation, dans un cadre où l’intimité est volontairement limitée, pensée dans l’intérêt du collectif. Ainsi, elles restent actives et veillent les unes sur les autres dans un esprit de bienveillance, en partageant leur quotidien avec des femmes aux capacités différentes afin de favoriser l’entraide.
Le travail, en plus de leur apporter du dynamisme, leur permet d’être quasi autosuffisantes. Cette organisation collective repose également sur une acceptation du partage, y compris matériel : à mesure que les espaces privés se réduisent, le mobilier personnel peut être intégré aux espaces communs, renforçant le sentiment d’appartenance et de mise en commun.
La spiritualité constitue un thème central au sein de la communauté. Les résidentes méditent et réfléchissent ensemble, notamment autour de la mort, qu’elles ne perçoivent pas de manière négative mais plutôt comme une élévation vers le ciel. Cette mentalité se reflète dans l’organisation spatiale des logements, qui rétrécissent progressivement à mesure que l’on monte dans les étages. Tout au long de leur séjour, les femmes déménagent selon un rythme ascendant, se détachant peu à peu du matériel et acceptant que leurs biens trouvent une nouvelle place dans les espaces partagés.
Malgré cette vie collective et cette intimité restreinte, les liens affectifs extérieurs restent possibles : chaque résidente est autorisée à recevoir un·e partenaire une fois par semaine, à condition d’en informer les autres membres de sa colocation, dans un souci de respect et de transparence.