L’entre-deux
Vivre en communauté pour des personnes misophobes n’est pas une évidence. Pourtant, l’isolement social engendré par la peur des bactéries peut s’avérer contraignant au quotidien. Ce projet propose ainsi une autre manière de vivre ensemble, en s’appuyant sur des rituels collectifs et individuels liés à la propreté.
Le plan s’organise en bandes successives de seuils d’hygiène, permettant une transition progressive d’espaces humides vers des espaces secs, selon un gradient d’intimité croissant. Ces seuils débutent dès le rez-de-chaussée, où l’on se déchausse et dépose manteaux, vestes et chaussures. Le pédiluve constitue alors le premier seuil hygiénique à l’échelle du bâtiment.
Cette logique se prolonge aux étages, avec une succession d’espaces humides qui sont la cuisine, la buanderie, la douche, les toilettes, puis finalement le bain, desservant des espaces secs conventionnels, et non programmés. En instaurant ces seuils hygiéniques, le bain devient une activité relaxante car libérée de sa fonction première tout en permettant de lier spirituellement la communauté malgré son aspect individuel.
Finalement ces espaces permettent un mode de vie marqué par le rythme des seuils, où entre deux la communauté peut vivre sereinement sans se soucier de la propreté de leurs espaces.