Database, Network, Interface: The Architecture of Information

Archizoom

FR
Une exposition commissionée par Mariabruna Fabrizi & Fosco Lucarelli. Microcities/Socks Studio

Dans une époque caractérisée par la dématérialisation croissante de la production et de la transmission culturelles, Database, Network, Interface explore le rôle historique de l’architecture dans la représentation et l’organisation de l’information et de la connaissance.

L’exposition analyse la capacité de l’architecture à structurer l’accès à l’information et à construire physiquement des relations entre des contenus à travers une organisation spatiale, typologique et structurelle. Par le biais d’associations analogiques, peut-on considérer des éléments architecturaux spécifiques (murs, fenêtres, escaliers) et des dessins (plans, sections, élévations) comme des instruments structurants qui définissent, communiquent ou donnent un ordre au contenu.

Database, Network, Interface s’appuie principalement sur une étude sélective de conceptions construites, non construites et conceptuelles associées à la sélection, l’organisation, le transfert, la préservation et l’accès à l’information. Les études de cas, qui intègrent également des manifestations de la pensée architecturale dans d’autres domaines (littérature, art, jeux, design d’interaction), survolent une longue période, de l’antiquité à l’époque contemporaine, et touchent à des conceptions et formalisations très différentes de la relation entre l’espace et l’information. Elles ont été choisies pour leur capacité à illustrer de façon spécifique comment un système spatial peut favoriser l’accès à l’information et incarner des chemins et des séquences, suggérer des liens potentiels et finalement guider les utilisateurs le long de leur parcours à travers le contenu.

La sélection suggère l’existence d’un dialogue continu entre un contenu immatériel et l’espace. Elle souligne le rôle crucial de l’architecture qui fournit une configuration spatiale et présente le processus abstrait de la construction de la connaissance.

L’exposition emprunte les notions de “database”, “network” et “interface” au vocabulaire des technologies de l’information et les interprète à travers le prisme de la discipline architecturale.

Les chapitres et les études de cas de l’exposition se rapportent à ces trois notions, construisant des analogies entre l’architecture et d’autres domaines d’études liés à l’information.

Logique et architecture numériques

Aujourd’hui, le stockage, l’organisation et la transmission des informations se font principalement par des moyens numériques : archives en ligne, réseaux sociaux et nouveaux médias. Au cours des dernières décennies, les outils numériques ont progressivement favorisé la multiplication des sources d’information et facilité l’accès à des flux continus de données. L’objectif utopique d’une disponibilité infinie de la connaissance collective apparaît enfin comme une possibilité réelle. Pourtant, un tel accomplissement se présente sous une forme déroutante : la masse écrasante d’informations de données, de textes, d’images, de vidéos, de sons est désorganisée, fragmentée et compliquée à appréhender.

La nature dématérialisée des outils numériques nécessite des systèmes logiques pour aider l’utilisateur à accéder, lire et interpréter la masse de données. La configuration architecturale de l’espace pourrait fournir une organisation logique, traduite analogiquement dans le domaine numérique afin d’organiser l’information.

Database, Network, Interface explore la relation entre la culture architecturale et numérique au-delà de la pure rhétorique de l'”architecture numérique” et de ses résultats stylistiques. L’hypothèse est que les notions de “base de données”, de “réseau” et d'”interface” – courantes dans le domaine des technologies de l’information – peuvent avoir une configuration architecturale directe (par le biais de dispositions spatiales et typologiques spécifiques, de la composition des plans, de la conception des façades). Dans ce sens, l’exposition présente une sélection d’études de cas soulignant les connexions possibles entre les projets numériques et non numériques et leurs contreparties architecturales, ainsi que les efforts tentés pour spatialiser le domaine numérique grâce à des moyens architecturaux.

Dans l’ensemble, l’architecture et la culture numérique sont explorées pour leur capacité à médiatiser la relation humaine avec l’information par le biais de l’espace.

Une exposition combinatoire

La Figura Plena de Ramon Llull, un dessin composé d’un cercle, d’un carré et d’un triangle partageant le même centre, inspire la conception de l’exposition. Cette figure et une suite de subdivisions figurent dans son texte La nouvelle géométrie (Liber de geometria nova et compendiosa) et renvoient à une série de références cosmologiques. Pour Llull, la science géométrique constitue la base de tout processus de connaissance ; pour ainsi dire, l’univers entier doit être réduit à des géométries simples, puis combiné et subdivisé.

Dix-huit meubles en bois disposés de manière régulière dans l’espace mettent en scène le contenu de l’exposition. En plan, chacun d’entre eux a la forme de l’une des trois figures géométriques de Llull: le cercle, le triangle équilatéral et le carré. Ces éléments sont une allusion et une abstraction des équipements traditionnellement liés à l’accès et à l’organisation de l’information : tables, classeurs, bibliothèques, étagères, socles, bureaux, etc.

Dans l’exposition, le cercle correspond à la base de données, le triangle au réseau et le carré à l’interface. Chaque meuble accueille un des dix-huit sujets, dont six sont liés à la métaphore de la base de données (meuble cercle), six au réseau (meuble triangle) et six à l’interface (meuble carré).

La disposition des meubles incite les visiteurs à passer devant les sujets sans suivre un itinéraire précis, mais en allant de l’un à l’autre selon des affinités visuelles ou conceptuelles. Le système spatial correspond à un processus de connaissance basé sur la logique combinatoire où l’itinérance spontanée du visiteur crée des connexions entre les sujets.

EN
An exhibition curated by Mariabruna Fabrizi & Fosco Lucarelli. Microcities/Socks Studio

In an age characterised by the increasing dematerialisation of cultural production and transmission, Database, Network, Interfaceexplores architecture’s historical role in representing and organising information and knowledge.

The exhibition analyses architecture’s ability to structure the access to information and physically construct relationships between content through spatial, typological and structural organisation. Through analogical associations, specific architectural elements (walls, windows, stairs) and drawings (plans, sections, elevations) may be seen as structuring instruments that define, communicate or give order to content.

Hence, Database, Network, Interface primarily draws on a selective survey of built, unbuilt and conceptual designs associated with selecting, ordering, transferring, preserving and accessing information. The case studies, also incorporating manifestations of architectural thought in other fields (literature, art, gaming, interaction design), belong to a broad timespan, from antiquity to contemporary times and touch on very different conceptions and formalisations of the relationship between space and information. They have been chosen for their ability to exemplify specific ways a spatial system can promote access to information and embody paths and sequences, suggest potential links and ultimately guide users in their journey across content.

The selection suggests the existence of a continuous dialogue between immaterial content and space and emphasises the crucial role of architecture in providing a configuration for the abstract process of the construction of knowledge.

The exhibition borrows the notions of “database”, “network” and “interface” from the vocabulary of information technology and interprets them through the lens of the architectural discipline.

The chapters and the case studies in the exhibition relate to the three notions, constructing analogies between architecture and other fields of studies related to information.

Digital logic and architecture

Today, storing, organising and transmitting information is mainly undertaken via digital means: online archives, social networks and new media devices. In the last decades, digital tools have progressively fostered the multiplication of sources of information and ease of access to continuous flows of data. The utopian goal of an infinite availability of collective knowledge finally appears as a definite possibility. Yet, such an achievement comes with a confusing form: an overwhelming mass of information of data, texts, images, videos, sounds appearing too disorganised, fragmented and complicated to comprehend.

The dematerialised nature of digital tools needs logical systems to help the user access, read and interpret the mass of data. The architectural configuration of space might provide a logical organisation, translated analogically into the digital realm in order to organise information. 

Database, Network, Interface delves into the relationship between architectural and digital culture beyond the pure rhetoric of “digital architecture” and its stylistic outcomes. The hypothesis is that the notions of “database”, “network” and “interface”—common in the domain of Information Technology—might have direct architectural configuration (through specific spatial and typological arrangements, plan composition, façade design). In this sense, the exhibition presents a selection of case studies underlining the possible connections between digital and non-digital projects and their architectural counterparts and tentative efforts to spatialise the digital realm thanks to architectural means.

Overall, architecture and digital culture are explored for their capacity to mediate the human relationship with information through the means of space.

A combinatory exhibition

Ramon Llull’s Figura Plena, a drawing consisting of a circle, a square and a triangle sharing the same centre, inspires the exhibition design. The figure and a series of subdivisions are featured in his text The New Geometry (Liber de geometria nova et compendiosa) and point to a series of cosmological references. For Llull, geometrical science forms the basis for any knowledge process; hence, to be understood, the entire universe is reduced to simple geometries, further combined and subdivided.

Eighteen wooden pieces of furniture on a regular array display the exhibition’s content. In plan, each one of them is shaped in one of three Llullian geometric figures: the circle, the equilateral triangle, and the square. These pieces of furniture are an allusion to and an abstraction of the fixtures traditionally connected to the access and organisation of information: tables, filing cabinets, libraries, shelves, pedestals, studies, etc.

In the exhibition, the circle corresponds to the database, the triangle to the network and the square to the interface. Each piece of furniture hosts one of the eighteen subjects, six of which are related to the database metaphor (circle furniture), six to the network (triangle furniture) and six to the interface (square furniture).

The array of furniture encourages visitors to walk past the subjects without following a specific route, but instead walking from one to another following visual or conceptual affinities. The spatial system of the selection corresponds to a knowledge process based on combinatory logic where the visitor’s spontaneous roaming creates connections between subjects.

 

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Dossier de presse_FR (PDF), Press Kit_EN (PDF)
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Year:
2021
Type:
Exhibition
Item:  
Architecture, History, Representation, Technologies, Theory
Academic:
Autumn
Unit:
ARCHIZOOM
Community:
Archizoom
People
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livingarchives.epfl.ch/projects/4442/database-network-interface-the-architecture-of-information/