Le site du tremplin olympique de Saint-Nizier, construit pour les
Jeux d’hiver de 1968, est aujourd’hui à l’abandon. Peu utilisé après
les épreuves, il garde la trace d'une ambition sportive effacée. Le
projet vise à requalifier cet ensemble en y implantant un centre de
team building, tout en révélant la force du site, son histoire et son
paysage.
Situé en contrebas du tremplin, le bâtiment s’insère dans la pente
pour limiter son impact visuel. Depuis les hauteurs, il se laisse à
peine deviner. Son tracé suit la topographie du site au mieux dans
le relief existant.
Le lieu est également marqué par les combats de juin 1944 entre
les soldats de la Résistance française et l’armée allemande. Cette
mémoire donne une dimension supplémentaire au projet, qui
reprend la position stratégique du site en surplomb de la vallée,
avec des vues dégagées vers Grenoble, la Chartreuse et les
Alpes.
L’accès principal se fait par un tunnel déjà existant, qui relie la Tour
de Juges à la Tribune d’Honneur. Dans la nouvelle configuration, il
dessert, d’un côté, un centre de formation autonome, destiné à des
séjours courts sans hébergement ; de l’autre, le centre de team
building, composé d’espaces partagés au premier niveau (cuisine,
salle à manger, séjour), puis de trois niveaux de chambres qui se
déploient suivant la pente.
L’ensemble est construit en béton de site, en partie issu des terres
excavées. Ce choix prolonge le langage brut des bâtiments
existants et ancre le projet dans son sol. Les stries, issues des
panneaux de coffrage apparents, rappellent les couches
sédimentaires terrestres.
Les anciennes tribunes d’honneur sont conservées et réhabilitées
pour accueillir une grande salle de séminaire, en conservant la
matérialité brute en béton à l’extérieur. A l’intérieur, la salle est
entièrement habillée en bois, apportant une ambiance plus
chaleureuse et intime. Ce contraste entre une enveloppe minérale
et un coeur habité permet d’offrir, les jours de mauvais temps, un
véritable refuge face aux aléas climatiques.